ASPIREE PAR LA FLEUR  
 

Elle se souvient
Du craquement des branches autour d’elle
Elle se souvient
Des feuilles déchirées colées sur mes bras
Elle se souvient
Des bruits et des pleurs et elle n’a rien pu faire
Elle se souvient
De la chute de la peur et des trous d’airs
Elle se souvient
Elle se souvient
Du tourbillon dans cette fleur assassine
Elle se souvient
De son compagnon et tout son sang qui dégouline
Elle se souvient
Qu’il barrissait
Hurlant comme un vieux dinosaure
Elle se souvient
Que ses os craquaient il était si beau et fort
Elle se souvient
Elle se souvient
De cette haleine nauséabonde et puante
Elle se souvient
Du pollen qui encore aujourd’hui la hante
Elle se souvient
Avoir prié pour que le cauchemar s’arrête
Elle se souvient
Voir défiler le film de sa vie dans sa tête
Elle se souvient
Elle se souvient
Entendre les cris et les hurlements de l’enfer
Elle se souvient
Avoir compris que c’était sa dernière prière
Elle se souvient
Que les miracles arrivent toujours au bon moment
Elle se souvient
De cet oracle tout en serrant les dents
Elle se souvient
Elle se souvient
S’être accrochée au pistil d’un pissenlit
Elle se souvient
De sa bonté celle qui a sauvée sa vie
Elle se souvient
Avoir compris que les fragiles peuvent être si forts
Elle se souvient
Qu’il est écrit l’amour est plus fort que la mort
Elle se souvient